Les temps de la visite

Dans tous les « espaces communicants » il est nécessaire de concerner, d’interpeller le visiteur, de le mettre en questionnement, pour le faire « entrer » dans des contenus, en lieu et place de lui fournir des réponses à des questions qu’il ne se pose pas !
Dans un parcours d’acquisition des savoirs, nous distinguons donc trois niveaux :
  • Le niveau « se sentir concerné » a pour projet de questionner le visiteur pour lui donner envie de « rencontrer un contenu ». La séquence « communication, signalétique, arrivée sur le site, cadre et ambiance, introduction…» doit être travaillée dans ses dimensions onirique, symbolique et incantatoire : le visiteur doit être attiré par des images, des propos, des sollicitations qui le font «  rentrer  » dans le sujet, tisser des liens intimes avec ses passions et se questionner sur ce qui l’entoure.
  • Le niveau « comprendre » fournit des outils d’investigation, des processus d’analyse et des ébauches de concepts. Eugène favorise toujours la découverte « expérientielle » qui rend actif le visiteur, le met en situation, le place face à des « manip », maquettes, jeux interactifs, animateurs… qui vont lui permettre de trouver les réponses à ses questions. L’aspect ludique « quête/enquête » est développé pour renouveler le questionnement et l’intérêt.
  • Le niveau « en savoir plus » permet de situer le savoir par rapport à l’actualité et à la société. Il apporte des éclairages sur l’état de la science, de l’environnement et sur les activités des professionnels. Il est complété à la demande pour des érudits ou des curieux par des documents spécifiques « visitables ». Ainsi, feuilletant les documentations, consultant les vidéos et sites internet disponibles ou repartant avec une brochure, le visiteur pourra prolonger sa découverte à travers la programmation proposée : excursions, visites d’autres sites, promenades naturalistes, contes, conférences… On met ainsi en réseau plusieurs équipements de même thématique, de même territoire ou de même éthique.

Les gestes d’Eugène

Ainsi, lors de la visite, Eugène veille à ce que soient proposées de multiples situations de découverte :

  • autonome / avec animateur, seul / en famille / en groupe, ludique / documentaire…
  • à lire, à toucher, à chercher, à sentir, à regarder, à manipuler…
  • debout, assis, penché…
  • à partir de textes, d’images, de vidéo, de schémas, de cartes, de maquettes, de jeux…
  • dans des temps et des espaces changeants (débats, visites guidées, jeux, conférences, entretiens…)

L’atelier d’Eugène a développé une grande expérience des matériels pédagogiques interactifs et itinérants : trappes à soulever, tiroirs à ouvrir, clapets à manipuler, couvercles à fermer… font partie intégrante de sa « boîte à outils ».

Enfin, les espaces aménagés doivent être capables de valoriser les matériels pédagogiques existants, d’accueillir ceux que nous allons créer pour l’occasion, mais aussi d’y installer ceux qui pourront être inventés par la suite ! L’attractivité d’un espace d’exposition vient de son renouvellement, il faut ménager des possibilités pour le futur !

Les espaces doivent donc rester très polyvalents, multimédias et dégagés, les « manips » doivent être mobiles, changeantes (pour s’adapter à différents parcours pédagogiques, différents âges, différents publics…) voire déplaçables et itinérantes (dans les écoles alentours, centres aérés…).